Ils s'engagent
Un contexte français incitatif
En France, l’Etat s’est doté d’outils pour soutenir la production électrique issue de la mer (décret de juillet 2006 sur le tarif d’achat de l’électricité d’origine éolienne en mer et celui de mars 2007 sur le tarif d’achat de l’électricité d’origine marine). Il a également été à l’initiative de la création des pôles de compétitivité et contribue à leur développement. Une volonté croissante s’affirme pour renforcer la présence de la France dans les institutions internationales s’occupant d’énergie, et notamment d’énergies marines : Agence Internationale de l’Energie, Comité Electrotechnique International.
Les récents travaux et conclusions du Grenelle de l’environnement, nourris de la contribution de nombreux acteurs (industries, collectivités, organismes de recherche, pôles de compétitivité), ont aussi souligné le besoin d’une structuration de cette filière et notamment la nécessité de démonstrateurs et de soutien à ces derniers.
Un développement national concerté
Les autorités de l’Etat en charge de la mer (Préfectures de région, Préfectures maritimes, Préfectures de département, services déconcentrés de l'Etat) et les représentants du monde de la mer (Comité National et comités régionaux et locaux des pêches, autres comités d’usagers) doivent être parties prenantes du développement des énergies marines afin d’évaluer de manière intégrée les impacts sur les activités professionnelles et de loisir ainsi que sur le milieu naturel.Des organismes publics et universitaires qui s’engagent
Des organismes publics ont déjà commencé à traiter cette question : l’ADEME qui a réalisé un outil d’aide la décision pour l’implantation des énergies marines à la demande du CIADT et à destination des services de l’Etat et des collectivités locales. L’ADEME soutient également financièrement plusieurs projets ; l’Ifremer, acteur historique des énergies renouvelables marines en France qui vient de réaliser, avec la contribution de ses ministères de tutelle et des acteurs de la filière, une prospective sur les énergies renouvelables marines à l’horizon 2030 (2007 – 2008).
Quelques projets de recherche portés par des laboratoires au sein d’organismes universitaires reconnus SEAREV à l’Ecole Centrale de Nantes, HARVEST à Grenoble INP, SHAMASH à l’INRIA – Sophia Antipolis) contribuent à renforcer la connaissance et l’expertise ainsi qu’à développer des prototypes, tant sur les courants que sur les vagues, en partenariat avec des industriels. Plusieurs thèses dans ce domaine sont en cours à l’IRENAV à Brest, à l’université du Havre, à l’Ecole Centrale de Marseille, à l’université du Sud Toulon Var, à l’Ifremer, à EDF,…. Des laboratoires aux compétences spécifiques (électrotechnique mécanique,…) et transversales (GIZC, environnement marin,…) axent aussi leurs travaux sur les énergies marines en mettant à contribution leur expertise.
Des PME et des industriels qui s’engagent
Parallèlement, des PME ont décidé de s’investir en développant eux aussi des prototypes : HydroHélix énergies initiateur du consortium industriel MARENERGIE et son projet SABELLA (modèle 10 kW en test en Bretagne) ; Hydro-Gen et son projet hydrolien (modèle 10 kW en Bretagne). Ces sociétés sont aussi en contact avec des universitaires. La société Ito Are qui mène un projet de centrale houlomotrice de 500 kW à Tahiti qui sera mise en service au printemps 2009.
Quelques grands industriels développent des programmes spécifiques, notamment : EDF SA et son projet de parc de démonstration hydrolien dans les eaux métropolitaines accompagné de travaux de Recherche et Développement en propre mais aussi en partenariat avec l’Ifremer et la PME Actimar au sein du projet européen EquiMar (7e PCRD) ; DCNS qui s’intéresse aux domaines de l’éolien flottant, des hydroliennes et de l’énergie thermique des mers ; AREVA qui s’intéresse au développement de technologies hydrolienne et houlomotrice (projet SEAREV) ; SAIPEM et TECHNIP qui, forts de leur expertise en offshore pétrolier, sont des partenaires-clés de certains des projets en cours en France et à l’étranger ; Eiffel CM qui porte un projet pour le développement de la technologie française en éoliennes offshore.
Des bureaux d’études et PME tels que Créocéan, Valorem, In Vivo, Actimar, EGIS, Principia, Océanide, ACRI, Altech, Leroux et Lotz Technologies, SEDEP,… accompagnent aussi ces projets, par exemple pour les études de ressource et environnementales.
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Des collectivités territoriales qui s’engagent
Les collectivités régionales et leurs partenaires ont pris en compte la question des énergies marines dans leurs stratégies énergétiques et leurs soutiens aux projets sur leur territoire :
- En Bretagne, la Région s’est fixé des objectifs dans le Plan Energie. Elle co-finance, dans le cadre du pôle Mer Bretagne, le projet hydrolien MARENERGIE initié par la société Hydrohélix Energies ainsi que le développement de projets relatifs à l’éolien flottant ; des travaux de recherche (thèses) sont aussi soutenus. Des collectivités territoriales bretonnes accompagnent le projet de démonstrateur de ferme hydrolienne de Paimpol-Bréhat d’EDF SA et de ses partenaires.
- En Pays de La Loire, la Région a établi une stratégie précise dans son schéma régional pour la recherche et a adopté en mars 2007 un rapport d’orientation générale sur la maîtrise de l’énergie et le développement des énergies renouvelables. Elle mobilise fortement le Contrat de Projets Etat/Région pour financer le projet SEMREV, site d’expérimentation en mer pour la récupération de l’énergie des vagues initié par l’Ecole Centrale de Nantes et le CNRS. Des acteurs locaux comme le Syndicat départemental d’énergie de la Vendée (SYDEV) s’engagent aussi dans des projets expérimentaux sur la houle.
- En Provence Alpes Côte d’Azur (PACA), la Région soutient le pôle CAPENERGIES qui a labellisé en 2007 le projet EFEM (Eolienne Flottante En Mer), ainsi que le pôle MER PACA qui a labellisé le projet SHAMASH (production de biofuels par micro-algues) ; ces deux pôles viennent de signer en mai dernier une convention de partenariat pour favoriser le développement des énergies marines renouvelables notamment dans le bassin Méditerranéen (Corse) et les DOM-COM.
- En Rhône Alpes, la Région soutient le pôle TENERRDIS qui a labellisé en 2005 le projet de développement technologique hydrolien HARVEST initié par Grenoble INP en partenariat notamment avec EDF SA.
- La Région Haute-Normandie a adopté en juin 2007 un Plan Climat Energies dont une des priorités est de favoriser le développement des énergies renouvelables, notamment les énergies marines.
- Mi-juin 2008, la Région Basse-Normandie vient de prendre pour la période 2008 à 2010 la présidence de l’Arc Atlantique qui prévoit d’instruire entre autres dans son programme prioritaire d’actions les énergies marines, ce qui pourrait lui permettre de valoriser son gisement hydrolien.
- La Région Martinique a coordonné, à la demande des Présidents des Régions Ultra-Périphériques (RUP), une étude sur les potentiels des énergies marines dans les RUP avec le soutien de la Commission Européenne. La Région Réunion se fixe quand à elle un objectif ambitieux en 2030 (initiative GERRI) en termes de production d’énergies renouvelables, notamment marines. Une étude de faisabilité d’un site pilote d’énergie des vagues de 5 MW est en cours avec l’idée de finaliser le projet pilote dès 2009. Par ailleurs l’énergie thermique des mers a été analysée à des fins de climatisation. Les énergies marines font également l’objet d’une attention nouvelle en Guadeloupe et en Polynésie Française (énergie thermique des mers et énergie des vagues).
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Des associations professionnelles qui se mobilisent
Les associations professionnelles commencent également à intégrer les énergies marines dans leurs réflexions et notamment :
- Le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) vient de créer une Commission Energies des mers.
- Le Cluster Maritime Français (CMF) s’est doté d’un Groupe de Travail sur les Energies Marines et réunit régulièrement des acteurs économiques de cette filière et d’autres utilisateurs de la mer.
- Les Comités des Pêches se sont déjà saisi, aux différents niveaux nationaux régionaux et locaux, des questions que peuvent poser ces nouvelles activités dans l’espace maritime, sur les différentes façades françaises.
- L’Union Française de l’Electricité (UFE) qui représente la France au sein du Comité Electrotechnique International et pourrait s’impliquer dans le travail de normalisation du Comité Technique 114 dédié aux énergies marines.


